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Freud, la religion et l'idéologie sociale - Matière et Révolution
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Freud, la religion et l’idéologie sociale

mardi 16 août 2016, par Robert Paris

Le sentiment religieux semble avoir une base dans le fonctionnement cérébral. Plus exactement, certains sentiments ou certaines images produites par le cerveau peuvent donner lieu par la personne qui les reçoit à des interprétations religieuses. L’isolement, la privation de nourriture ou de sommeil, l’excitation, la drogue, l’abstinence, ou le cumul de plusieurs d’entre eux provoquent des hallucinations, des visions qui sont autant de phénomènes venus de l’inconscient. L’individu qui en est le siège prend conscience que des idées et des sentiments qu’il n’avait pas formé consciemment se sont imposées à lui, de l’extérieur croit-il. Cela ne signifie certainement pas qu’il faille assimiler l’inconscient avec le spirituel. L’existence de phénomènes inconscients n’a plus aujourd’hui aucun caractère sulfureux, ni étrange ni métaphysique, qu’il avait autrefois. C’est la base des mécanismes de formation de la conscience, comme l’ont montré des neurologues comme Lionel Naccache. La construction d’idées religieuses à partir de ces émotions issues de l’inconscient est du même type que la création artistique ou que l’intuition scientifique : c’est la sublimation des images et des idées inconscientes. D’autre part, l’impression d’un autre qui vous parle est accrue par le dialogue cérébral entre les deux hémisphères cérébraux. On a parfois l’impression réelle d’un tel dialogue dans le sens : j’y vais, j’y vais pas, je le fais, je ne le fais pas. Enfin, certains circuits cérébraux et certaines images mentales semblent, d’après certains neurologues, accentuer ce sentiment religieux (sentiment d’une présence ou d’une parole qui leur communique directement des idées, des images ou des sentiments) chez certains patients particulièrement réceptifs. Ceux-ci peuvent croire réellement recevoir une parole venue d’ailleurs. Le reste a un caractère social et historique. C’est la manière dont une société reçoit un tel message, le besoin qu’elle en a et l’usage qu’elle en fait. Dans ce domaine, avant même le type de la prétendue révélation, c’est le type de société et ses besoins idéologiques mais aussi politiques et sociaux qui sont en cause et qui dictent des réponses sur le type de religion. Telle serait la source d’une "illusion", pour reprendre l’expression de Freud.

Freud, la religion et l’idéologie sociale « L’homme de croyance et de piété est éminemment protégé contre le danger de certaines affections névrotiques : l’adoption de la névrose universelle le dispense de la tâche de former une névrose personnelle. » Freud dans « L’avenir d’une illusion »

Freud est plus connu pour ses prises de position sur le traitement psychologique des névroses et son interprétation des rêves que pour ses positions sur la société. Cependant, avec des ouvrages comme « Totems et tabous », « Moïse » et « L’avenir d’une illusion », notamment, il a étudié le sens des religions et le sens de l’organisation sociale et idéologique qu’il appelle « la culture ». Dans ce domaine, il a eu également des prises de position fermes et sans équivoque :

« Il faut sans doute chercher dans cette alliance de la digestion et de la dévotion la raison de la prospérité physique de nos abbés. » Freud et la religion dans ses lettres de jeunesse (à 18 ans) en 1874

« Il faut traiter la religion comme une affaire humaine. » Freud dans une conférence sur la psychanalyse en 1932

« Je pense en effet que, pour une bonne part, la conception mythologique de monde qui anime jusqu’aux religions les plus modernes n’est autre chose que psychologie projetée sur le monde extérieur. » Freud dans « Psychopathologie de la vie quotidienne »

« L’État a interdit à l’individu, l’usage de l’injustice, non parce qu’il veut l’abolir, mais parce qu’il veut en avoir le monopole, comme du sel et du tabac. » Freud dans "L’avenir d’une illusion"

Extraits de « L’avenir d’une illusion » de Freud :

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